MOOC, quels impacts ?

Les MOOC (cours en ligne ouverts et massifs) font l’objet de nombreux débats qui s’expliquent par une méconnaissance du sujet.

En effet, si les Etats, les décideurs et les médias sont unanimes sur leur intérêt, ils ne peuvent en réaliser l’importance qu’avec une explicitation claire des raisons et des enjeux pour le futur.

De plus, le but visé par ce modèle de cours à la française doit être clairement défini. Est-ce une nouvelle tendance dans laquelle il faut s’inscrire pour éviter de se retrouver à la traîne ? Est-ce une manière de remonter le niveau de cet enseignement dans un contexte où l’anglo-saxon domine l’international, surtout le secteur francophone ?

MOOC

Que cache la révolution annoncée ?

Si l’enjeu majeur de cette nouvelle forme d’école était la révolution de l’enseignement, on n’y consacrerait pas tant d’énergie. Il faut commencer par préciser le type d’enseignement, le public visé et les cycles concernés : formation initiale ou continue, cours pour cadres, droit interne à la formation ou vulgarisation pour un public de curieux, premier cycle ou master, etc.

C’est trop facile de croire que ce modèle de cours peut devenir le modèle idéal pour tous les types d’enseignement et pour tous les publics. On ne comprend pas encore l’objectif recherché. Est-ce la diffusion de la connaissance ou la mise en place de nouveaux types de formations menant à un diplôme ?

Avant toute chose, il faut résoudre les questions liées à la numérisation : pas le même niveau dans tous les pays, géographie qui diffère d’un point du globe à un autre, valeurs sociales qui sont propres à chaque entité…

Ensuite, le problème de l’historique du diplôme en France doit être réglé. Aujourd’hui, en effet, les diplômes obtenus en formation continue ne sont pas reconnus par beaucoup d’entreprises en France et même aux Etats-Unis.

Un moyen pour diminuer l’offre de formation ?

Un problème financier se pose. En effet, les universités doivent dégager du temps et des moyens pour les enseignants-chercheurs, ce qui n’est pas facile alors qu’elles éprouvent déjà des difficultés financières. De plus, le gouvernement ne manœuvre pas assez pour imposer ses choix, à l’heure où l’autonomie est fortement prônée.

Le constat est qu’il existe peu d’engouement pour les MOOC et l’innovation pédagogique. Les cours diffusés sont des séances filmées en amphithéâtre et retransmises via des moyens techniques limités.

On parvient à une évidence. En France, très peu d’établissements d’enseignement supérieur peuvent investir dans ce modèle de cours et la seule bonne volonté des enseignants ne suffit pas.

Pour emprunter les mots de la Ministre, cette tendance marque un mouvement vers la diminution des cours en amphithéâtre. On s’interroge alors sur l’avenir des titulaires des cours supprimés. Est-ce un pas vers la création de deux catégories d’enseignants-chercheurs : les chargés de suivi virtuel des étudiants et les enseignants pratiques ? Pour finir, comment se passera l’uniformisation ou le monopole de l’enseignement supérieur ? Qui en sera le responsable ? Est-ce envisageable ?

En conclusion, les MOOC ou cours en ligne ouverts et massifs n’ont pas encore révélé leur objectif.